Quatre questions à... Claude Robin, conseiller pédagogique de l'Alliance de Dire Daoua

 

À l'Alliance éthio-française de Dire Daoua, l'un des objectifs est de réintroduire la langue de Molière dans les établissements d'enseignement secondaire de la deuxième ville d'Ethiopie. Claude Robin, conseiller pédagogique, nous en dit plus.

 

Quelles sont les missions du conseiller pédagogique de l'Alliance éthio-française de Dire Daoua ?

Claude Robin : J’ai deux missions principales. Je dois d’une part rénover l’offre de cours de langue de l’Alliance, en formant les professeurs éthiopiens de l’Alliance à utiliser diverses activités pédagogiques plus interactives ou plus ludiques en cours, par exemple, et également développer cette offre de cours, avec la création de nouvelles plages horaires pour attirer un nouveau public, ou la recherche de clients potentiels, comme l’Université de Dire Daoua cette année. Je travaille bien sûr avec ma collègue Nesrine Khelifi, directrice des cours, sur cette mission. D’autre part, je suis le coordinateur du programme pilote de réintroduction du français dans les établissements d’enseignement secondaire de Dire Daoua, et cela depuis trois ans. D’un seul établissement initial, nous avons étendu le programme aux trois établissements publics de la ville, avec l’embauche par le Bureau de l’Education de Dire Daoua de deux enseignants de français de nationalité éthiopienne. Je suis moi-même enseignant dans un des établissements.

 

Combien d'élèves issus de ces établissements ont passé les épreuves du Diplôme d'enseignement de langue française (DELF) ?

Nous avons présenté l’an dernier et cette année une cinquantaine d’élèves issus de ces trois établissements (une classe par établissement) aux épreuves du DELF, avec un très bon taux de réussite (98% l’an dernier, et ils sont en train de passer le DELF cette année). Nous espérons étendre l’an prochain les cours de français à trois classes par établissement, sur trois niveaux différents (9, 10 et 11ème degré d’enseignement, contre une classe de 11ème degré seulement cette année). Les élèves pourront ainsi avoir un solide bagage de français au terme de leur éducation secondaire, après 3 ans d’étude de la langue.

 

Avec quels établissements l'Alliance de Dire Daoua est-elle en partenariat ?

L'Alliance est en partenariat avec les trois établissements scolaires cités précédemment (les lycées Sabyan, Comprehensive et Adisu), avec le concours du Bureau de l’Education de Dire Daoua. Nous avons un partenariat avec une école primaire, l’école « D’avenir », pour donner des cours de français sur place, et avec l’Institut Technologique de l’Université de Dire Daoua pour donner des cours de français aux meilleures étudiantes des dix départements de spécialité de l’Institut, soit 30 étudiantes, dans une démarche de valorisation et d’encouragement des études auprès du public féminin (en lien avec le « gender office » de l’Université).

 

Pourquoi est-il important de réintroduire la langue française dans les écoles de Dire Daoua ?

Le français a une place historique à Dire Daoua, puisque la ville fut fondée par les Français qui construisaient la ligne de chemin de fer entre Addis-Abeba et Djibouti. Les employés de la compagnie de chemin de fer ont toujours traditionnellement parlé français. Il y a donc un foyer historique de la francophonie dans cette ville, et enseigner le français est une manière de perpétuer ce patrimoine. En outre, de façon plus personnelle, je pense que l’enseignement d’une langue étrangère, avec des méthodes interactives, une approche culturelle, est une expérience stimulante et bénéfique pour de jeunes élèves. Comme dit l’adage : « voyager forme la jeunesse », et les cours de français offrent, modestement, il me semble, ce voyage.

 

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